|
DEPECHE AFP - Mercredi 31Octobre
2001
"Une psychocriminologue évoque les points
communs entre terroristes et tueurs en série"
PARIS, 31 oct (AFP) - Psychocriminologue, Michèle Agrapart-Delmas
entrevoit dans son livre "De l'expertise criminelle au profilage",
qui vient de paraître, plusieurs points communs entre la personnalité
des tueurs en série et celle des terroristes.
"Les terroristes ont en commun avec les tueurs en série la
violence meurtrière, le caractère multirécidiviste
et fanatique de leurs actes, répétés sans fin et
toujours exécutés avec un sang-froid remarquable, la réduction
de leurs victimes à la fonction d'objet", écrit-elle.
Enseignante dans divers instituts et universités, ainsi qu'auprès
de la gendarmerie française, expert judiciaire, Michèle
Agrapart-Delmas, qui a réalisé plus de 2.000 expertises
criminelles, souligne que "certains chefs, au commandement directif,
sont atteints d'une véritable paranoïa qui arme le bras des
acteurs, isolés de leur environnement, perdant ainsi leurs repères
habituels et pour lesquels l'obéissance est de rigueur".
Se référant aux terroristes qu'elle a "expertisés",
elle dresse le constat qu'ils ne se différenciaient du tueur ordinaire
que par le fanatisme du discours, la haine à l'encontre de tel
pays, de telle race ou de telle religion, mais "rien dans leur personnalité
profonde n'en faisait des êtres à part, sinon qu'ils étaient
totalement sous influence de leur groupe ou de leur chef".
Autre point commun avec les tueurs multirécidivistes, selon elle,
il n'est pas rare que l'on trouve chez les terroristes "des souffrances
morales liées à une enfance carencée".
Aux côtés d'hommes jeunes (souvent moins de 35 ans), célibataires
en raison de leur engagement précoce, mais ayant une maîtresse
attitrée, émergent de rares femmes terroristes "dont
la haine et l'acharnement à tuer sont plus forts que ceux des hommes".
Leur évolution psychologique est "très proche de celle
des criminelles traditionnelles", note Mme Agrapart-Delmas.
La psychocriminologue constate par ailleurs que la diffusion d'images,
recherchée par les terroristes, entraîne "comme dans
le cas des tueurs en série, des passages à l'acte meurtriers
et/ou terroristes par imitation ou contagion, créant la même
fascination morbide que l'on retrouve chaque fois qu'un crime sanglant
se produit ou qu'un tueur réputé dangereux est jugé".
Selon elle, en cas d'acte terroriste isolé, "la pathologie
mentale est présente et les motivations redeviennent celles de
tout meurtrier".
("De l'expérience criminelle au profilage",
Michèle Agrapart-Delmas, éditions Favre, 250 pages, 19,30
euros, 126,60F)
|