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Cas & témoignage Cas & témoignage : Le Profil d'un Psychopathe - Elle
a été retrouvée brulée vive dans sa voiture Le corps était tellement détruit que l'autopsie ne pouvait apporter que très peu d'éléments. Les premières constatations ont fait penser à un suicide par le feu, ce que la famille de la jeune femme a fortement contesté. Le juge d'instruction m'a alors demandé d'effectuer, en collaboration avec les gendarmes enquêteurs, l'analyse victimologique, afin de savoir si la personnalité de la jeune femme était compatible avec une immolation. Nous avons alors travaillé sur sa personnalité, sa biographie, sa famille, ses amis, ses relations, son emploi, ses amours, mais aussi sur ses choix vestimentaires, l'intérêt qu'elle portait à son corps, ses vêtements, ses produits esthétiques, ses médicaments, ses visites chez le médecin ... J'ai conclu que sa personnalité, celle d'une jeune femme très jolie, soignée, faisant très attention à son apparence, régulièrement suivie sur le plan médical, n'aurait pas choisi ce mode de suicide, ni détruit son corps. Rien ne concordait : E P n'était pas dépressive, ses amis, sa famille, ses collègues le confirmaient. Elle n'était pas suivie sur le plan psychologique, ne prenait ni psychotrope, ni alcool, ni drogue. Elle aimait la vie. L'hypothèse du suicide était donc improbable. L'enquête a donc été réorientée sur un homicide volontaire, et avec les enquêteurs et les autres experts, nous nous sommes remis au travail. Deux solvants différents avaient été utilisés, le pare-brise de la voiture n'avait pas cédé sous l'effet de la chaleur, mais avait sans doute été enlevé. Les constatations criminalistiques confirmaient donc l'approche psychologique. Si tel n'avait pas été le cas, mon travail s'arrêtait là et je n'avais qu'à reconnaître mes erreurs. Il fallait construire le profil virtuel de l'agresseur potentiel. Les
personnalités aptes à tuer une jeune femme en détruisant son corps par
le feu présentent des caractéristiques spécifiques. Dans un premier temps,
j'ai élaboré le portrait de cet individu qui devait être un homme jeune
(moins de 40 ans) avec des difficultés familiales, notamment des relations
pathologiques à sa mère, sans doute peu affective, et un père absent.
Il présentait vraisemblablement des antécédents judiciaires et une agressivité
qu'il devait exprimer d'une manière ou d'une autre. Les traits psychopathes
devaient se retrouver. Dans un second temps, nous avons cherché dans l'environnement
de la victime qui pouvait correspondre à ce profil. Il fallait aussi fondamentalement
que l'individu ait à la fois un mobile pour tuer cette jeune femme et
une absence d'alibi (ou un alibi peu fiable) au moment du crime. Plusieurs
hommes avaient un mobile. Un seul correspondait au profil. il a donc été
placé en garde à vue, les témoignages le concernant ont été réétudiés,
les témoins réentendus, et les failles sont apparues. Une analyse des
tableaux qu'il faisait, des lettres " enflammées " qu'il écrivait, a apporté
des éléments qui ne peuvent pas être utilisés en tant que tels dans le
cadre judiciaire, mais qui confirmaient en tous points sa personnalité.
Simple satisfaction morale. Il a été mis en examen, incarcéré un certain
temps, mais est toujours présumé innocent, car il n'est pas encore jugé.
Son avocat, qui n'avait jamais entendu parler de profilage, semble par
ailleurs très efficace. Cette affaire est en attente. E P. a vraisemblablement
été étranglée ou est morte sous les coups. (*) D'après le livre "De l'Expertise Criminelle au Profilage" |
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