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PSYCHOCRIME.COM
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XXVIIeme JOURNEE DE L'INSTITUT
DE CRIMINOLOGIE UNIVERSITE PANTHEON-ASSAS PARIS Il JEUDI 28 NOVEMBRE 2002
IV - Mais qu'est l'analyse criminelle
?
L'analyse criminelle est basée sur celle des renseignements recueillis
par les enquêteurs, leur exploitation à travers le regard
plus global de l'analyste qui dispose de la totalité du dossier
souvent constitué par de nombreux enquêteurs. Il bénéficie
d'une formation différente mais complémentaire de la leur.
Certains magistrats instructeurs demandent à ce que " l'analyste " travaille en collaboration avec les enquêteurs, d'autres ne le souhaitent pas et l'analyste ne travaille alors que sur dossier sans jamais rencontrer personne. .Or nous sommes en France dans le cadre d'une procédure écrite et tout n'est pas écrit, loin s'en faut.. Comment savoir ce qu'a ressenti un enquêteur, les notes qu'il a prises sans les faire figurer dans le dossier, ses échanges avec le juge d'instruction, les intuitions qu'il a eues, les réserves qui ne figureront pas dans la procédure ? Certains magistrats ont résolu le problème en me disant " vous travaillez avec les enquêteurs mais vous ne le marquez pas dans votre rapport " Que dit la loi ? Car il faut bien fournir un rapport au juge et en deux exemplaires. Ce rapport et ses conclusions n'ont pas plus valeur de preuve qu'une expertise psychologique ordinaire. Ce n'est qu'un regard de plus. Parfois aussi le juge ne confie qu'une partie du dossier à l'analyste, celle qu'il considère comme intéressant l'expert Parfois ce sont des lettres, anonymes ou pas, qu'il faut étudier afin de donner un portrait psychologique de l'auteur de ces lettres Egalement, lorsqu'un individu est soupçonné ou susceptible d'être l'auteur d'un acte criminel, un juge peut demander si " sa personnalité est compatible ou non avec le mode opératoire. " L'individu en question n'est pas expertisé au sens habituel du terme, car dans le cadre d'une analyse on ne le rencontre pas, mais c'est en fonction de son histoire, de sa biographie, des éléments matériels recueillis par les enquêteurs que l'analyste va donner son avis. Simple avis. La personnalité de x est ou n'est pas compatible avec ce type de passage à l'acte. Libre au juge à ne pas tenir compte de cet avis. Des individus peuvent avoir des personnalités compatibles et ne jamais passer à l'acte, d'autres au contraire commettent des actes en total décalage avec leur personnalité. Il ne s'agit que donc que d'une simple information dont le juge va faire l'usage qu'il souhaite.
Il ne remplacera jamais l'enquêteur contrairement à ce que
la presse affirme. Ses conclusions doivent-elles orienter ou réorienter
une enquête ? Quel est son rôle exact, où s'arrête
sa mission car, et je rejoins les propos du juge Thiel, ce travail n'est
parfois pas très différencié de celui de l'enquête.
Il est certain que la frontière entre analyse criminelle et enquête
est mal définie et souvent fluctuante. Tout juge, tout enquêteur
fait de l'analyse ne serait-ce que lorsqu'il identifie la victime, et
l'analyste fait parfois un peu d'enquête. " Pouvez vous
demander au légiste de préciser l'heure de la mort par exemple
avec l'analyse du bol alimentaire
" La différence est au niveau parfois de l'expérience (il y a de très jeunes enquêteurs et de vieux psychocriminologues ) toujours de la formation et celle de psychologue-criminologue ne peut pas être dissociée de ce travail laborieux, apport complémentaire à une enquête judiciaire.
Car le premier travail qui doit être effectué n'est pas
la construction de la personnalité de l'auteur mais bien de celle
de la victime. Analyse victimologique. C'est ce que font les enquêteurs
au plan matériel, relationnel pour l'identifier.
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