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Réponses Psy - Janvier 2002
"Profession expert criminel, Profiler" Michèle Agrapart-Delmas a pratiqué plus de deux mille expertises criminelles. Elle a établi des typologies en matière de "profilages" par l'étude de la victime, de la scène du crime, des divers rituels, d'une éventuelle signature d'un tueur en série... Récits*. Le " profilage ", traduction approximative du mot anglo-saxon " profiling
", en est à ses débuts en France, mais il est très médiatisé en raison
de la diffusion de films et de feuilletons tels que Hannibal ou Profiler.
Il s'agit d'une démarche d'analyse du crime que l'on dit nouvelle et qui
est à considérer avec prudence. D'autant que l'on utilise les modèles
américains, ce qui est une erreur. Statistiquement, nous n'avons heureusement
que peu de serial killers en France, environ un identifié tous les deux
ans. Nous n'avons donc pas vraiment besoin de " profiler ". Par ailleurs,
le FBI fait un peu marche arrière sur cette technique, les résultats n'étant
pas toujours à la hauteur des engagements financiers. Sur le vieux continent,
il s'agit plutôt de conseils d'un expert à des enquêteurs, par la prise
en charge de la dimension psychologique d'un crime, que d'un vrai profilage
effectué par un fonctionnaire de police en concomitance avec l'enquête
criminelle. Cependant, alors qu'il y a plus de faux profilers que de vrais
tueurs en série, certains experts sont commissionnés pour collaborer à
des enquêtes concernant des crimes, pour la plupart des crimes uniques.
Cette technique, car il ne s'agit que d'une technique, allie à la fois
les compétences d'un enquêteur criminel et celles d'un spécialiste du
comportement humain. Si elle est récente dans son utilisation, elle existe
depuis longtemps dans la littérature comme Sherlock Holmes. La France
connaît quelques tentatives d'identification informatisée. Elle a peu
de tueurs en série, habituellement nommés " tueurs multirécidivistes ".
Jusqu'à la fin du XXe siècle, aucun programme informatique n'existait.
Depuis peu, différentes approches sont utilisées. Le métier de profiler
n'existe pas en tant que tel en France . Cependant, depuis quelques années,
les juges d'instruction font appel à des " profilers occasionnels ". Dans
le cas d'un tueur multirécidiviste, on s'attachera à l'étude des victimes,
aux modes opératoires et à l'élaboration d'un profil type, en fonction
des actes commis, des lieux, des armes, des sévices sexuels... Le profilage
peut aussi être demandé en cas de doute du magistrat instructeur sur la
réalité d'un suicide. Il faut alors déterminer si la personnalité du "
suicidé " est compatible avec le mode opératoire utilisé, ses éventuels
antécédents suicidaires, les motifs pouvant entraîner le passage à l'acte
comme la prise de psychotropes, d'alcool... Le crime des pervers
(*) D'après le livre "De l'Expertise Criminelle au Profilage" |
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